Archives pour le mot-clé 'poesie-2'

Bon voyage, Monsieur Moustaki !

Sarah

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu´une
Tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d´amour
Ne portent pas
Le nom d´appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu´elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N´y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S´offrent aux miens
Et c´est son cœur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure

Georges Moustaki (disparu aujourd’hui)

Et puis, il y a celle-ci aussi : Joseph

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Voilà c´que c´est, mon vieux Joseph
Que d´avoir pris
La plus jolie
Parmi les filles de Galilée
Celle qu´on appelait Marie
Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Prendre Sarah
Ou Deborah
Et rien ne serait arrivé
Mais tu as preféré Marie
Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Rester chez toi
Tailler ton bois
Plutôt que d´aller t´exiler
Et te cacher avec Marie
Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Faire des petits
Avec Marie
Et leur apprendre ton métier
Comme ton père te l´avait appris
Pourquoi a-t-il fallu, Joseph
Que ton enfant
Cet innocent
Ait eu ces étranges idées
Qui ont tant fait pleurer Marie
Parfois je pense à toi, Joseph
Mon pauvre ami
Lorsque l´on rit
De toi qui n´avais demandé
Qu´à vivre heureux avec Marie 

A l’Ange

Au petit jour, alors que les oiseaux commencent à chanter,
Que de mes rêves, mes sens sont encore éveillés,
Mon corps engourdi, mon esprit embrumé,
Je sais que Tu es là.
Alors que la fenêtre s’ouvre sur un ciel éclairé,
Que ma journée est déjà dessinée,
Que l’eau coule sur ma chair exposée,
De sa douceur se pose la pureté,
Sourire sur mon visage fardé,
Je sais que Tu es là.
Lorsqu’enfin l’air caresse ma peau,
Mes narines se gonflent telles du pur sang les naseaux,
L’effort apparaît joie, et léger le fardeau,
Je sais que Tu es là, en bas comme en haut.
Quand la femme me sourit et que l’homme me parle,
Quand l’enfant prend ma main, l’enveloppe comme un châle,
Que les visages brillent ou bien même deviennent pâles,
Je sais que Tu es là.
Quand mon cœur est triste, son poids si pesant,
Que tellement est présent le découragement,
Que la solitude laisse un gouffre béant,
Je sais que Tu es là.
Et alors que s’entendent les protestations, les violences et les cris,
Mon oreille choisit, les bruits sont amoindris, 
Au loin un murmure détend mes os meurtris,
Muscles tendus et regard ébahi,
C’est ton chant que j’entends et au fond retentit.
Mon Ange, Tu es là.
Le silence te décrit,
La lumière dans la nuit,
L’Amour dans mon habit.
Catherine C (Ecrit le 28/03/2012)
Merci à tous les anges ! 

L’enfant du soir. Un conte de Bernard Antoun

Bonjour. Un conte pour rêver ! Ma façon de vous souhaiter un bon dimanche. 

Un enfant, dans les rues du froid, regarde les vitrines de Noël : tous ces beaux jouets, toutes ces lumières qui dansent dans un décor de joie, toute cette richesse, ces chants, ce scintillement et ces jeux de miroirs, ce n’est pas pour lui, mais pour les autres qui qu’ils soient.

D’une vitrine à l’autre, c’est le même triste regard, le même cœur qui mendie un parfum de sécurité, un petit sourire autre que narquois.

Dans les rues du gel, un soir, il rencontre un autre enfant mendiant, plus jeune encore. Il oublie sa peine et lui passe son foulard, ses gants.
Le plus jeune lui déclare : «  Ni amour ni bonheur ici-bas. Patience. Ton cadeau de Noël sera grand. Bientôt la Joie pour personne autant que pour toi. » Puis il ajoute, « Suis-moi, je cherche un oiseau rouge qui n’a pas peur du froid. Il est heureux quand il voit que des personnes pensent à lui et cherchent sa compagnie. Il leur accorde alors trois faveurs, même les plus inaccessibles, car rien ne lui est impossible. »

Ils partent chacun de leur côté à la recherche de l’oiseau rouge. Ils scrutent longtemps, plusieurs jours et plusieurs semaines, les parages. Ils jettent en vain du pain sous les arbres, espérant qu’il viendrait le manger. Ils sifflent en vain comme des rossignols, espérant l’attirer. Ils marchent, marchent, découvrent enfin des traces de pattes, comme des étoiles sur la neige.
Ils les suivent et arrivent l’un en face de l’autre dans un cimetière. Ils lèvent la tête, cherchent dans les branches et l’aperçoivent, juché sur un sapin vert. Ils ne pensent plus à leur quête qui a duré plusieurs semaines. Ils le saluent gentiment et lui offrent chacun la moitié du seul croissant qui leur restait.

Profondément touché par ce geste, d’autant plus qu’il provient de la part de deux enfants pauvres et transis de froid, il leur dit : « Mes amis, vous ne m’avez pas cherché pour rien. Maintenant que vous m’avez trouvé et offert ce que vous avez de plus précieux, je suis prêt à vous rendre heureux. Faites trois vœux chacun, ils seront exaucés. »

Le plus vieux, qui était orphelin, hésite un moment, puis formule de tout son cœur cette demande : « Je veux une maman bien douce qui puisse m’aimer tendrement. Puis, je veux vivre avec elle dans une grande maison bâtie sur une montagne. Puis, je veux une ferme tout autour avec beaucoup d’animaux : des vaches, des bœufs, des chèvres, des moutons, des poules, des poussins, des chats, des chiens, des oiseaux… »

À l’instant même, il est transporté sur une montagne, dans une grande maison, telle qu’il la rêvait, entourée d’une grande ferme avec beaucoup d’animaux, où une belle et jeune maman l’appelle tendrement parce que c’est l’heure du souper. Il est très heureux et se sent tout de suite chez lui. Il saute embrasser sa maman qui le couvre de caresses et de baisers.
Jamais il n’avait connu une telle étreinte, jamais il n’avait senti la chaleur d’une telle poitrine qui l’accueille. Il est émerveillé devant la beauté de la maison et devant la variété des animaux dans la ferme. Il y a des vaches, des bœufs, des chèvres, des moutons, des poules, des poussins, des chats, des chiens, des oies, des canards, des lapins, etc. Tout est vert dans ce pays ! L’hiver a disparu. Un lac d’un bleu argenté brille derrière les arbres.
En outre, il remarque qu’il porte des vêtements propres et de beaux souliers bien vernis. Il ne rêve pas. C’ést bien la réalité.

Le plus jeune, lui aussi orphelin, voyant son ami de quelques semaines disparu d’un coup, demande à son tour : « Je veux être son petit frère. Puis, je veux avoir le même père, riche et affectueux. Je veux avoir aussi une petite sœur pour lui peigner chaque jour ses longs cheveux. »

À l’instant même, il est transporté sur la même montagne, dans la même grande maison entourée de la même grande ferme. Là, son papa l’appelle tendrement. Il appelle aussi sa petite sœur, aux cheveux longs et dorés, qui jouait dehors, parce que c’était l’heure du souper. Il est tellement heureux d’être là et se sent tout de suite chez lui.
Il voit son « frère », saute embrasser son père qui le couvre de caresses et de baisers. Jamais il n’avait connu une telle étreinte qui l’accueille. Il enlace ensuite sa petite sœur, belle comme une poupée. Il est émerveillé de la beauté de la maison et de la variété des mets qui l’attendent dans la salle à dîner.
Il remarque à son tour qu’il porte lui aussi des vêtements propres et de beaux souliers bien vernis. Ils mangent tous à table en riant. Le cauchemar est terminé. Ils peuvent vivre maintenant en paix.

Les deux jeunes orphelins vécurent ensemble, avec leur nouvelle famille, heureux, sous un même toit. Ils oublièrent la misère de leurs premières années. Ils n’ont plus revu l’oiseau rouge, mais, dans leur cœur, ils entendent parfois sa voix.

Extraits du recueil « Mémoires de ciels et de vents »

Bernard Antoun est né au Liban en 1961 et il vit au Québec depuis 1977 où il est membre de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois. On le surnomme le poète de la lumineuse beauté, le magicien des mots, l’éveilleur des consciences.

Sources :

 www.litterature.org/ource
 paroles-de-sagesses.infini-terre.fr
www.babelio.com

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