L’homéopathie à l’étude

L’homéopathie est une médecine caractérisée de traditionnelle, complémentaire ou encore parallèle selon les pays [Organisation mondiale de la santé, médecine traditionnelle : besoins croissants et potentiels, Who policy perspectives on medicines, n°2 May 2002].

Elle date de 1796, inventée par un médecin allemand Samuel Hahnemann[1]. Elle a été introduite en France dans les années 1830, où elle est reconnue « à orientation médicale » puisque ce sont des médecins qui la pratiquent.

Toutefois, l’académie française de médecine a recommandé son déremboursement en 2004. Cet avis était  argumenté par l’inexistence de preuve scientifique de l’efficacité des préparations homéopathiques. Où en est on de cet argument ?

Pour commencer à répondre à cette question, rendez vous en Inde où il est réfuté depuis fort longtemps. Et sur un plan scientifique ! 

Une fondation indienne a été créée en 1992 à des fins de recherches homéopathiques. Il s’agit de la PBHRF (Prasanta Banerji homéopathic Research Foundation) située à Calcutta qui souhaite « inclure l’homéopathie comme un mode de médecine, scientifique et efficace, de remplacement » de l’allopathie.

En plus de dispenser des soins aux 100 à 120 personnes atteintes de cancer qu’elle reçoit quotidiennement, la PBHRF dispose donc d’un département de recherche pour donner à l’homéopathie un crédit scientifique auprès de la communauté internationale [http://www.pbhrfindia.org].

L’activité de recherche principale se compose d’enregistrement de données du traitement de tous les cas de cancers et d’autres maladies mortelles traitées.

Toutes ces pathologies sont prises en charge suivant des protocoles bien définis, appelés protocoles de Banerji, leurs concepteurs. Ce sont des traitements uniquement homéopathiques, souvent multiples de façon à gérer les symptômes spécifiques (douleur, nausées et vomissements…).

Dès 1976, les docteurs Banerji père et fils ont présenté leurs résultats dans des articles et lors de conférences, notamment en 1995 à la 5ième conférence internationale de recherche contre le cancer.

Entre 1990 et 2005, un rapport de la fondation indique que 19% des tumeurs malignes prises ainsi en charge a bénéficié d’une complète régression et 23% supplémentaires d’amélioration ou de stabilisation [2][the banerji protocols – au new method of treatment of brain tumors with ruta and calcarea phosphorica, Prasanta Banerji and pratip Banerji, PBH research foundation].

En 1999, l’institut national du gouvernement américain dédié à la recherche et à l’information sur le cancer (NCI) a sélectionné 10 cas traités pas la PBHRF, parmi 300, pour les analyser plus avant.

En effet, depuis 1991, cet institut a eu un processus d’évaluation des données de la médecine dite complémentaire et alternative. L’idée est d’utiliser les mêmes méthodes scientifiques que celles qui évaluent les résultats des traitements allopathiques enseignés dans les facultés de médecine américaines.

Sur les 10 cas de cancers du poumon et de l’œsophage qui avaient été retenus pour l’analyse, les chercheurs du NCI ont confirmé l’existence de réponses aux remèdes homéopathiques pour 4 [Oncology reports n° 20, p ​​69-74, 2008, Banerji et coll.].

C’était une preuve suffisante d’efficacité pour que l’organisme de santé américain décide de poursuivre les recherches sur ce protocole. C’est ainsi que la première étude de thérapie alternative pour traiter le cancer a été initiée aux Etats-Unis.

Sa conclusion était claire sur la nécessité d’approfondir les résultats positifs observés en définissant les modalités de généralisation de tels protocoles de traitements et en améliorant la fiabilité des données scientifiques collectées par la PBHRF sur au moins 2 critères : la qualité constante de la pathologie et l’imagerie, l’amélioration du suivi des patients rendu difficile du fait des coûts de transport et de l’extrême pauvreté des populations.

Depuis, la collaboration scientifique de la PBHRF se poursuit avec les Etats-Unis, et s’est étendue à d’autres pays, notamment le japon et l’Espagne. Les recherches se poursuivent.

Une étude, menée par le centre de recherche de l’université du Texas en partenariat avec la PBHRF, publiée en 2010 a conclu que les effets des traitements homéopathique Carcinosin et de Phytolacca étaient aussi puissants que ceux du Taxolâ, le médicament le plus souvent prescrit en chimiothérapie lors d’un cancer du sein [International Journal of Oncology, 2010 ; n°36, p 395-403].

Ainsi, l’expérience de Jacques Bénéviste[3], qui n’avait pas pu prouver sa théorie sur la mémoire de l’eau a donc été utile. Désormais, l’homéopathie est testée selon les règles reconnues par la communauté scientifique, à savoir les mêmes règles que celles appliquées à l’ensemble des médicaments, rendant toutes les études solides et leurs résultats incontestables.

 Efficace, précise, économique 

 Chacune des études réalisées en vue de tester l’efficacité de l’homéopathie ajoutent d’autres arguments à son bénéfice.

L’étude de 2010 précise que l’homéopathie a l’avantage de ne toucher que les cellules cancéreuses alors que les traitements allopathiques de radiothérapie ou de chimiothérapie ont des effets sur toutes les cellules [International Journal of Oncology, 2010 ; n°36, p 395-403].

A l’instar des Etats-Unis, une évaluation suisse des médecines alternatives et complémentaires a été demandée en 2006 par l’Office Fédéral Suisse d’Assurance Sociale. Elle a été réalisée sous la direction des professeurs Bornhıft et Matthiessen de l’Université allemande de Witten/Herdecke. Elle conclut à la preuve suffisante de l’efficacité de l’homéopathie.

Elle y ajoute une dimension économique en notant que les traitements homéopathiques sont moins coûteux que les traitements allopathiques [Homeopathy in Healthcare – Effectiveness, Appropriateness, Safety, Costs – An HTA report on homeopathy as part of the Swiss Complementary Medicine Evaluation Programme ; Gudrun Bornhöft et Peter F. Matthiessen, Springer-Verlag berlin Heidelberg 2011].

Le bénéfice économique de l’homéopathie avait été noté en France dans un rapport du conseil national de l’ordre des médecins en France : « en charge annuel pour la sécurité sociale, un médecin homéopathe coûte 249Kfr d’honoraires et 483 kfr de pharmacie (total 938 Kfr) alors qu’un médecin généraliste coûte 414 Kfr d’honoraires et 919 kfr de pharmacie (total 1830 Kfr) soit un coût total deux fois moins important » [Rapport de la commission d’études sur l’homéopathie, Ordre national des médecins, 1997].

 Encore des débats ?

Parallèlement à ces résultats, le 25 mai 2011, un rapport du Centre fédéral d’expertise des soins de santé belge (KCE) a conclu qu’il n’y avait pas de preuve à l’efficacité de l’homéopathie.

Aussi, recommande t-il de « réserver la pratique de l’homéopathie aux médecins (ce qui est le cas de 75 % des homéopathes en Belgique) afin de ne pas prendre le risque de ne pas instaurer un traitement médical classique indispensable ou de le démarrer trop tard parce qu’un diagnostic aura été raté ou posé trop tardivement » [http://www.belgium.be – portail belgium.be, informations et services officiels].

Ceci dit, le rapport précédent du KCE sur l’acupuncture avait eu la conclusion suivante : « Un petit nombre d’études scientifiques de qualité indiquent que l’acupuncture soulage de manière limitée la douleur à court terme, entre autres les douleurs du bas du dos. En ce qui concerne les autres indications, il n’est pas prouvé que l’acupuncture soit efficace ».

Pourtant sur ce point, l’organisation mondiale de la santé a établi une liste de 43 maladies reconnues comme pouvant être traitées par l’acupuncture en juin 1979 [http://www.who.int/fr].

De plus, l’institut national américain de recherche en matière de santé (NIH) a été clair en affirmant, en 1997, que l’acupuncture avait une efficacité, particulièrement pour les douleurs (dos, membre, dents, menstruations), les migraines, les nausées, les crampes, les maladies bénignes d’origine inflammatoires, l’arthrite [http://www.nih.gov/].

L’inexistence de preuves d’efficacité de l’homéopathie a justifié la pratique de l’homéopathie par des médecins en Belgique comme en France notamment : en tant que médecin, l’homéopathe saura poser un diagnostic sûr et orienter vers une autre médecin allopathe si l’homéopathie s’avérait insuffisante.

Maintenant que nous commençons à disposer de preuves de l’efficacité de l’homéopathie sur certaines pathologies, le débat devrait s’orienter davantage vers une définition claire des maladies en question. Ceci permettrait de fixer un cadre d’exercice aux praticiens homéopathes. Mais alors, pourquoi ne pas établir des nouveaux diplômes validés, accessibles à de tels praticiens, en dehors de la formation accessible strictement aux médecins ?

En effet, l’homéopathie est une médecine bien différente de la prise en charge allopathique dans la mesure où elle est personnalisée, relève d’une approche holistique de la vie et met davantage l’accent sur la santé que sur la maladie [Organisation mondiale de la santé, médecine traditionnelle : besoins croissants et potentiels, Who policy perspectives on medicines, n°2 May 2002].

[1] Il a d’ailleurs donné son nom au dosage homéopathique : CH signifie centésimale hahnemannienne

[2] Sur la période, tous cancers confondus, 4158 patients ont ainsi connu la guérison complète et 4196 une stabilisation ou une amélioration.

[3] Jacques Benveniste est mort en 2004. Depuis 1988, il était reproché à sa théorie de la mémoire de l’eau de ne pas être vérifiée  selon les règles admises par la communauté scientifique.

 

1 commentaire à “L’homéopathie à l’étude”


  1. 0 Tuto bourse 13 juil 2013 à 19 h 02 min

    Merci beaucoup pour cette mane d info.

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